
En voici quelques extraits…
Frères et Sœurs,
Aujourd’hui, nous nous rassemblons dans un lieu qui nous invite à élargir notre regard ; non pas dans un sanctuaire bâti de mains d’hommes mais sous l’immensité du ciel, au milieu de la création de notre Seigneur. Profitons du souffle du vent, du chant des oiseaux, de l’ombre et de la lumière pour nous rappeler en toute humilité que nos vies dépendent de ce qui nous entoure et que nous devons en prendre soins, la terre est au Seigneur, nous sommes chez lui comme des hôtes.
PRIERE
Mon fils, ma fille, prête attention à mes paroles, tends l’oreille vers mes discours. Qu’ils ne s’éloignent pas de tes yeux ; garde-les au
fond de ton cœur ; car ils sont vie pour ceux qui les trouvent, santé pour tout leur corps.
Seigneur, donne-nous ton Esprit afin que ton Evangile ne reste pas de belles mais vaines paroles pour nous, mais au contraire qu’il nous atteigne au plus secret de nous-même, qu’il convertisse nos cœurs et nous transforme radicalement.
LECTURE BIBLIQUES
Matthieu 3 : 5-17
Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui et recevaient de lui le baptême dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Comme il voyait beaucoup de pharisiens et de sadducéens venir au baptême, il leur dit : Vipères, qui vous a montré comment fuir la colère à venir ? Produisez donc un fruit digne du changement radical ; et ne pensez pas pouvoir dire : « Nous avons Abraham pour père ! » Car je vous dis que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la hache est prête à attaquer les arbres à la racine : tout arbre donc qui ne produit pas de beau fruit est coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, pour un changement radical ; mais celui qui vient derrière moi est plus puissant que moi, et ce serait encore trop d’honneur pour moi que de lui ôter ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu. Il a sa fourche à la main, il nettoiera son aire, il recueillera son blé dans la grange, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint pas.
Alors Jésus arrive de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour recevoir
de lui le baptême. Mais Jean s’y opposait en disant : C’est moi qui ai besoin de recevoir de toi le baptême, et c’est toi qui viens à moi ! Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il convient qu’ainsi nous accomplissions toute justice. Alors il le laissa faire. Aussitôt baptisé, Jésus remonta de l’eau. Alors les cieux s’ouvrirent pour lui, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et une voix retentit des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir.
Luc 14 : 7- 11
Il adressa une parabole aux invités parce qu’il remarquait comment ceux-ci choisissaient les premières places ; il leur disait : Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’une personne plus considérée que toi n’ait été invitée, et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : « Cède-lui la place. » Tu aurais alors la honte d’aller t’installer à la dernière place. Mais, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : « Mon ami, monte plus haut ! » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.
MEDITATION
Que nous enseigne le baptême du Christ par rapport au baptême de Jean ? Quel lien entre les 2 lectures ?
Dans la première lecture nous voyons Jean Baptiste invectiver les pharisiens et les sadducéens venus au baptême. Il leur annonce un Dieu qui attend des preuves de valeur : « produisez donc un fruit digne du changement radical » ; un Dieu justicier : « déjà la hache est prête à attaquer les arbres à la racine », « il brulera la paille dans le feu qui ne s’éteint pas »
Il faut confesser publiquement ses péchés et se faire purifier.
Puis il annonce la venue d’un plus grand que lui dont il n’est pas digne d’ôter les sandales.
On est dans le monde de la culpabilité, de la comparaison, de la rivalité, de la condamnation. Plus grand ou plus petit, digne ou pas digne, ceux qui sont valables et ceux qui ne valent rien. Dieu va trancher entre les bons et les mauvais.
Peut-on sortir de ce monde qui condamne, qui sépare, qui humilie, de ce sentiment diffus d’avoir des comptes à rendre, de n’être jamais tout à fait bon, tout à fait pur ? Jésus vient se faire baptiser comme les foules présentent au Jourdain. Mais de quoi
Jésus a-t-il besoin d’être purifié ? Lui ne vient pas confesser ses péchés publiquement. « Laisse faire car il convient qu’ainsi nous accomplissions toute justice » se contente-t-il de dire.
Jésus a entendu les paroles virulentes de Jean, sa menace d’une colère divine sans rémission pour ceux qui n’auraient pas été assez sincère dans leur introspection et radicaux dans leur changement. Il a également perçu le besoin de Jean de l’idéaliser et de se maintenir dans l’infériorité.
« Laisse faire » lui dit Jésus. Laisse tomber tes jugements de valeur, tes divisions, tes menaces de châtiments. Il n’y a pas un plus grand que l’autre. Jésus ne dit pas que les mises en garde et le baptême de Jean n’ont aucune valeur. Sinon il ne se serait pas soumis lui-même à ce baptême. Au contraire, il aurait surement rebuffé Jean à son tour. Les exigences de Jean sont en droite ligne avec celle de tous les prophètes et ne seront pas contredites par le Christ. En effet, le baptême de Jean invite à une nécessaire prise de conscience libératrice. Mais qui peut se prévaloir d’atteindre le niveau d’exigence qui est le sien ? Alors, soit le craignant-Dieu s’illusionne lui-même et cherche à se faire justifier par ce qu’il donne à voir de lui et de ses actes comme les Pharisiens et les Saducéens. Soit il bat sa coulpe, il ne s’est jamais assez condamné, assez repenti. Il ne parvient pas à s’accueillir pleinement, à avoir pour lui-même suffisamment de compassion, il souffre. Mais il n’est jamais pleinement guéri, libéré.
Se faisant baptiser par Jean, au milieu de la foule, Jésus éprouve sa pleine humanité, à l’égal de Jean, de chacun, chacune d’entre nous. Mais il nous libère d’un Dieu conforme à notre monde de hiérarchie et de jugements de valeurs, d’un Dieu qui sépare. La justice qu’il annonce n’est pas celle d’une division mais d’une réconciliation avec soi-même. L’examen de nous même, la reconnaissance de nos péchés, si elle peut nous conduire à changer nos comportements, doit surtout nous conduire à nous sentir profondément humble devant Dieu. C’est ainsi que nous sentirons à quel point nous avons besoin de son Amour, que nous parviendrons suffisamment à nous dépouiller de nos artifices et de nos illusions de grandeur, de pureté, de sagesse, de justice, etc. qui nous tiennent prisonniers pour nous rendre disponible à l’accueil libérateur de la Grâce.
Ainsi, en demandant à Jean de le baptiser, Jésus transforme le baptême de purification en baptême d’accueil. Accueil de l’homme tel qu’il est, avec toutes ses failles, par un Dieu qui ne fait pas de différences entre nous selon nos critères humains de la justice, du bien et du mal. Accueil de Dieu par l’Homme qui reconnait son absolu besoin de son Amour sans bornes.
Le baptême de Jésus est un geste d’humilité en prenant sa place parmi les pécheurs. Dans la deuxième lecture Jésus nous invite à prendre cette position d’humilité en choisissant volontairement la dernière place lors du repas de noces.
L’humilité nous protège de toute humiliation, de toute crainte de perdre notre place. Ainsi elle devient la condition d’un véritable accueil en laissant pleinement à l’autre la possibilité de prendre sa place.
